Le secteur des salons professionnels et des foires internationales vit une transformation profonde. Entre pressions rĂ©glementaires, attentes sociĂ©tales et impĂ©ratifs Ă©cologiques, les organisateurs d’Ă©vĂ©nements n’ont plus le choix : il faut verdir sa copie. Mais par oĂč commencer ? Surtout, avec qui ? Je tâarrĂȘte tout de suite : non, tu nâes pas seul face Ă ce dĂ©fi. Les instances du tourisme d’affaires â offices de tourisme, convention bureaux, destinations hĂŽtes â sont aujourdâhui des alliĂ©s de premier plan pour concevoir des Ă©vĂ©nements responsables qui rĂ©pondent aux exigences de la RSE tout en renforçant lâattractivitĂ© de ton salon. Dans cet article, je vais te montrer comment transformer ces collaborations en vĂ©ritable levier de performance et de durabilitĂ©.
1. Pourquoi les instances du tourisme dâaffaires sont devenues incontournables
Tu te demandes peut-ĂȘtre : « Mais pourquoi aller voir un office de tourisme pour parler de dĂ©veloppement durable ? » Câest une bonne question. Pendant longtemps, ces structures Ă©taient perçues comme de simples vitrines promotionnelles. Aujourdâhui, elles sont devenues des acteurs clĂ©s de la transition Ă©cologique du secteur Ă©vĂ©nementiel.
1.1. Une évolution stratégique
Les convention bureaux et offices de tourisme ont intĂ©grĂ© la durabilitĂ© dans leur ADN. Prends lâexemple de Viparis, qui accueille 10 millions de personnes par an sur ses 12 sites. Avec sa dĂ©marche Better Events Viparis 2030, le groupe sâengage Ă rĂ©duire lâempreinte Ă©cologique de ses sites, Ă assurer un hĂ©ritage positif pour chaque Ă©vĂ©nement et Ă valoriser ses Ă©quipes. ConcrĂštement, cela signifie Ă©lectricitĂ© verte, chaudiĂšres au colza français, logistique groupĂ©e pour limiter le nombre de vĂ©hicules, ou encore stands Ă©coconçus.
Et Viparis nâest pas un cas isolĂ©. Ă lâĂ©chelle europĂ©enne, les parcs dâexposition ont pour la plupart engagĂ© des programmes dâinvestissement massifs pour accompagner la transition Ă©cologique et Ă©nergĂ©tique.
1.2. Une réponse aux nouvelles obligations réglementaires
La CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) sâapplique dĂ©sormais Ă un nombre croissant dâentreprises. ConcrĂštement, si tu organises un salon, tes exposants et partenaires vont te demander des comptes sur ton bilan carbone, tes pratiques durables, ta gestion des dĂ©chets. Collaborer avec des instances touristiques engagĂ©es, câest tâassurer de disposer dâinfrastructures et de services qui rĂ©pondent dĂ©jĂ Ă ces exigences.
đĄ Le chiffre clĂ© : Selon une Ă©tude, les clients sâattendent dĂ©sormais Ă ce que les organisateurs dâĂ©vĂ©nements publient leur empreinte carbone et mettent en Ćuvre des solutions respectueuses de lâenvironnement.
2. Les bĂ©nĂ©fices concrets dâune collaboration durable
2.1. Un levier dâattractivitĂ© pour ton salon
Les destinations « eco-friendly » attirent. Amsterdam, Copenhague, Oslo â ces villes offrent des installations de confĂ©rence alimentĂ©es par des Ă©nergies renouvelables, des hĂ©bergements certifiĂ©s, des rĂ©seaux de transport Ă©cologiques. En choisissant une destination engagĂ©e et en communiquant sur cette collaboration, tu donnes Ă ton salon professionnel une image de marque moderne et responsable. Et ça, les exposants et visiteurs y sont sensibles.
2.2. Une rĂ©duction des coĂ»ts et de lâempreinte
Travailler avec un office de tourisme, câest aussi bĂ©nĂ©ficier de solutions clĂ©s en main : mise en relation avec des prestataires locaux certifiĂ©s, optimisation des flux logistiques, recommandations pour les hĂ©bergements Ă©coresponsables. RĂ©sultat : moins de gaspillage, moins dâĂ©missions, et souvent des coĂ»ts maĂźtrisĂ©s.
2.3. Un ancrage territorial renforcé
En collaborant avec les instances locales, tu inscris ton Ă©vĂ©nement dans un Ă©cosystĂšme. Les retombĂ©es Ă©conomiques et sociales sont mieux partagĂ©es. Certains offices de tourisme, comme celui dâAntibes Juan-les-Pins, ont mĂȘme obtenu la certification ISO 20121 â la rĂ©fĂ©rence pour la gestion durable des activitĂ©s Ă©vĂ©nementielles. Câest un gage de sĂ©rieux qui rassure tes partenaires.
3. Comment construire une collaboration gagnant-gagnant ? Ma boĂźte Ă outils
Je vais te partager ma mĂ©thode, celle que jâutilise avec les organisateurs de salons professionnels et foires internationales que jâaccompagne.
đ§ Ătape 1 : Identifier les bonnes instances
Ne te limite pas Ă lâoffice de tourisme local. Explore :
- Les convention bureaux (souvent plus spécialisés MICE)
- Les agences de développement économique locales
- Les destinations management organizations (DMO)
Certaines villes ont des services dĂ©diĂ©s aux Ă©vĂ©nements dâaffaires durables. Melbourne, par exemple, a fait de la durabilitĂ© une mission clĂ© de son convention bureau.
đ§ Ătape 2 : DĂ©finir un cahier des charges commun
Asseyez-vous autour de la table et formalisez vos engagements. Voici ce que je recommande dây inclure :
- Objectifs RSE communs (réduction carbone, zéro déchet, inclusion)
- Indicateurs de performance (nombre de prestataires locaux mobilisés, taux de covoiturage, volume de déchets recyclés)
- Plan de communication conjoint pour valoriser la démarche
đ§ Ătape 3 : Tirer parti des ressources existantes
Beaucoup dâinstances ont dĂ©jĂ dĂ©veloppĂ© des toolkits pour les organisateurs. Le Vienna Convention Bureau propose une checklist pour organiser des Ă©vĂ©nements Ă©coresponsables. Berlin met Ă disposition un annuaire de prestataires durables et un guide pratique. Paris conseille une liste de lieux et prestataires certifiĂ©s.
Mon conseil : ne réinvente pas la roue. Utilise ces ressources et adapte-les à ton événement.
đ§ Ătape 4 : Innover ensemble
La collaboration ne sâarrĂȘte pas Ă lâexistant. Osez expĂ©rimenter :
- Salons hybrides : combiner physique et virtuel pour réduire les déplacements. Les plateformes comme Ultiplace permettent de créer des salons virtuels immersifs en quelques minutes. Les salons virtuels réduisent considérablement les émissions de gaz à effet de serre et les déchets physiques.
- ĂvĂ©nements bas carbone : privilĂ©gier les solutions de mobilitĂ© douce, les traiteurs locaux et bio, les matĂ©riaux recyclĂ©s pour les stands.
đŁïž Dialogue avec Claire, directrice dâun convention bureau :
« Ce qui fonctionne le mieux, câest quand lâorganisateur vient avec des idĂ©es, pas seulement des demandes. On a des ressources, des rĂ©seaux, des subventions parfois. Mais il faut quâon construise le projet ensemble. »
4. Ătude de cas : quand la collaboration porte ses fruits
Je pense Ă un salon professionnel du secteur de la construction que jâai accompagnĂ© lâan dernier. Lâorganisateur voulait rĂ©duire son empreinte carbone de 30 % en trois ans. Il sâest rapprochĂ© de lâoffice de tourisme de la ville hĂŽte.
Ensemble, ils ont :
- Cartographié les prestataires locaux certifiés (traiteurs bio, logisticiens électriques, imprimeurs écoresponsables)
- Mis en place une navette collective depuis les gares et aéroports
- Substitution des gobelets plastiques par de la vaisselle réutilisable
- Créé un espace « Village durable » dans le hall dâexposition pour sensibiliser les visiteurs
RĂ©sultat : -28 % dâĂ©missions la premiĂšre annĂ©e, une couverture mĂ©diatique locale importante, et des retours trĂšs positifs des exposants. Le salon a gagnĂ© en crĂ©dibilitĂ© et en attractivitĂ©.
5. Les piÚges à éviter
â ïž Le greenwashing : ne te contente pas dâafficher des labels sans actions concrĂštes. Les instances du tourisme dâaffaires sont vigilantes et nâapprĂ©cient pas quâon utilise leur image Ă mauvais escient.
â ïž Lâapproche « one shot » : la durabilitĂ© est un processus. Une collaboration ponctuelle aura moins dâimpact quâun partenariat structurĂ© sur plusieurs Ă©ditions.
â ïž Oublier les visiteurs : la durabilitĂ©, ça se vit aussi du cĂŽtĂ© des participants. Pense Ă leur proposer des solutions de mobilitĂ©, une restauration responsable, des goodies utiles et durables.
6. Le futur des salons professionnels : vers une alliance durable
Les salons professionnels et foires internationales ne disparaĂźtront pas. Mais ils vont muter. La rencontre physique reste irremplaçable pour crĂ©er du lien, de la confiance, des affaires. En revanche, elle devra ĂȘtre plus sobre, plus intelligente, plus utile.
Les instances du tourisme dâaffaires sont les partenaires idĂ©ales pour cette transition. Elles connaissent les territoires, les acteurs, les rĂ©glementations. Elles ont une vision Ă long terme. Et elles ont, comme toi, tout intĂ©rĂȘt Ă ce que les Ă©vĂ©nements professionnels restent attractifs⊠mais durables.
lâavenir se construit Ă plusieurs đ±
Alors voilĂ , tu lâauras compris : collaborer avec les instances du tourisme dâaffaires pour promouvoir les Ă©vĂ©nements durables, ce nâest pas un luxe. Câest une nĂ©cessitĂ©. Et câest une opportunitĂ©.
Une opportunitĂ© de donner du sens Ă ton Ă©vĂ©nement, de le diffĂ©rencier sur un marchĂ© de plus en plus concurrentiel, et de rĂ©pondre aux attentes de tes parties prenantes â exposants, visiteurs, pouvoirs publics, Ă©quipes.
Une opportunitĂ© de rĂ©duire ton impact sans sacrifier la qualitĂ© de lâexpĂ©rience. Bien au contraire : les Ă©vĂ©nements durables sont souvent plus crĂ©atifs, plus humains, plus mĂ©morables.
Une opportunitĂ© de tâinscrire dans un Ă©cosystĂšme oĂč chacun apporte sa pierre Ă lâĂ©difice. Les offices de tourisme, les convention bureaux, les prestataires locaux, les collectivitĂ©s â tout ce monde est prĂȘt Ă tâaccompagner. Il suffit de tendre la main.
Alors, je te lance un dĂ©fi : pour ta prochaine Ă©dition, prends rendez-vous avec lâoffice de tourisme ou le convention bureau de ta ville hĂŽte. Pas pour leur demander une subvention ou une liste dâhĂŽtels. Pour leur parler de durabilitĂ©, de vision, de projet commun. Tu verras, ils ont des idĂ©es, des ressources, et souvent une Ă©nergie communicative.
Et si tu ne sais pas par oĂč commencer, commence petit. Une action. Un engagement. Une mesure. Lâessentiel, câest de se lancer.
đŁ Â«Â Un salon durable, câest un salon qui dure. »
đ Parce quâau fond, si on continue Ă produire des tonnes de dĂ©chets Ă chaque Ă©vĂ©nement, le seul « business » quâon fera pousser, câest celui des dĂ©charges. Et franchement, je ne suis pas sĂ»r que ça attire beaucoup dâexposantsâŠ
â FAQ – Vos questions sur la collaboration durable
Q : Par oĂč commencer si je nâai jamais collaborĂ© avec un office de tourisme ?
R : Commence par une simple prise de contact. Présente ton événement, tes objectifs, et demande un rendez-vous pour explorer les possibilités de collaboration. La plupart des offices ont un service dédié aux événements professionnels.
Q : Les salons virtuels sont-ils vraiment une solution durable ?
R : Oui, ils rĂ©duisent considĂ©rablement les Ă©missions liĂ©es aux dĂ©placements et Ă la production de dĂ©chets physiques. Ils peuvent aussi prolonger la durĂ©e de vie de ton Ă©vĂ©nement et toucher un public plus large. LâidĂ©al est souvent un format hybride.
Q : Quels sont les labels Ă rechercher chez un prestataire ?
R : ISO 20121 pour la gestion durable des événements, les labels « Green Meetings » (Autriche, Allemagne), les certifications des lieux (HQE, BREEAM, LEED). Mais méfie-toi des labels « maison » sans reconnaissance externe.
Q : Comment mesurer lâimpact de ma dĂ©marche durable ?
R : Fixe des indicateurs clairs avant lâĂ©vĂ©nement : tonnage de dĂ©chets recyclĂ©s, consommation dâĂ©nergie par mÂČ, part de prestataires locaux, taux de covoiturage des visiteurs, etc. Fais un bilan aprĂšs lâĂ©vĂ©nement et communique dessus.
Q : Les instances du tourisme dâaffaires peuvent-elles mâaider financiĂšrement ?
R : Certaines destinations proposent des subventions ou des aides pour les Ă©vĂ©nements Ă©coresponsables. Renseigne-toi auprĂšs du convention bureau ou de lâagence de dĂ©veloppement Ă©conomique locale.
