Le monde des salons professionnels et des foires internationales a connu une transformation silencieuse mais profonde ces dernières années. Fini le temps où l’on enchaînait les rendez-vous B2B, les conférences et les cocktails networking avant de reprendre l’avion le soir même, épuisé et frustré de n’avoir rien vu de la ville d’accueil. Aujourd’hui, une nouvelle tendance s’impose avec force dans l’univers du tourisme d’affaires : le bleisure. Cette contraction de « business » et « leisure » incarne une philosophie qui gagne du terrain, portée par des professionnels en quête d’équilibre et d’expériences enrichissantes. Et si votre prochain salon international devenait l’occasion rêvée de concilier l’utile à l’agréable ?
Le bleisure, bien plus qu’un simple mot-valise
Je te vois venir : « Encore un anglicisme à la mode ». Pourtant, le bleisure est bien plus qu’un effet de style. C’est une réponse concrète à une réalité que nous connaissons tous, toi et moi. Selon une étude récente, pas moins de 89 % des voyageurs d’affaires prévoient d’ajouter du temps personnel à leurs déplacements professionnels. Et dans le secteur des salons professionnels, cette proportion est encore plus élevée.
Marc Lefèvre, consultant en stratégie événementielle que j’ai eu l’occasion d’interviewer récemment, résume parfaitement l’état d’esprit : « Le bleisure, c’est la reconnaissance que nous ne sommes pas des machines. Un commercial qui a pris le temps de découvrir la gastronomie locale ou de visiter un musée après trois jours de salon revient plus détendu, plus créatif et surtout plus performant. C’est du gagnant-gagnant pour l’entreprise et pour le salarié. »
Et force est de constater que les chiffres lui donnent raison. Une majorité de professionnels (58 %) prolongent aujourd’hui leur séjour pour profiter des attraits touristiques de la destination, en moyenne à hauteur de 1,7 jour supplémentaire.
Pourquoi les salons internationaux sont le terrain de jeu idéal du bleisure
Tu te demandes peut-être pourquoi je mets autant l’accent sur les salons professionnels plutôt que sur d’autres types de déplacements. La réponse est simple : un salon international réunit toutes les conditions favorables au bleisure.
1. Une concentration d’activités sur plusieurs jours
Un salon professionnel d’envergure, c’est rarement une affaire d’une journée. Trois, quatre, parfois cinq jours d’exposition, de conférences et de rencontres. Cette durée impose naturellement un hébergement sur place, ce qui rend la prolongation du séjour beaucoup plus facile à organiser. Contrairement à une réunion d’affaires d’une journée, le salon crée un ancrage temporel et géographique propice à l’exploration.
2. Des villes hôtes pensées pour l’accueil
Les grandes foires internationales se déroulent presque toujours dans des métropoles dotées d’une offre touristique conséquente. Paris, Francfort, Barcelone, Las Vegas, Dubaï, Singapour… Ces destinations sont de véritables écrins qui valent le détour, bien au-delà des halls d’exposition. Comme le souligne un article spécialisé, les destinations comme Las Vegas restent « à n’en pas douter celle des grands événements d’affaires et notamment des salons professionnels« , tout en offrant un catalogue d’activités loisirs exceptionnel.
3. Un réseau professionnel qui s’enrichit
Et puis, parlons franchement : le networking ne s’arrête pas à la fermeture des portes du salon. Un dîner dans un restaurant typique, une visite guidée entre confrères, une après-midi découverte… Ces moments informels sont souvent ceux où se nouent les relations les plus solides. Le bleisure, c’est aussi ça : transformer des contacts professionnels en véritables connexions humaines.
Comment organiser son séjour bleisure comme un pro
Passons maintenant à la pratique. Parce que le diable est dans les détails, et qu’un séjour bleisure réussi ne s’improvise pas. Voici ma feuille de route, que j’ai moi-même rodée lors de mes nombreux déplacements sur les salons professionnels à travers le monde.
Étape 1 : Anticiper en amont
C’est le conseil que je donne systématiquement à mes clients. Ne fais pas l’impasse sur la préparation. Dès que tu connais les dates de ton salon international, bloque dans ton agenda les jours de prolongation. Et surtout, informe ta hiérarchie. La transparence est la clé : explique les bénéfices pour l’entreprise (meilleure récupération, opportunités de networking informel, etc.). La plupart des employeurs sont aujourd’hui ouverts à cette approche, d’autant plus que le bleisure est devenu un argument de rétention des talents.
Étape 2 : Choisir la bonne période
Si tu as la liberté de choisir ta destination, privilégie les salons professionnels qui se tiennent en début de semaine. Ainsi, tu pourras enchaîner directement sur un week-end de détente sans perdre de temps. À l’inverse, un salon en fin de semaine te permettra d’arriver plus tôt pour profiter de la ville avant le rush professionnel.
Étape 3 : L’hébergement, un choix stratégique
Ne néglige pas cette dimension. Pour un séjour bleisure, l’idéal est de trouver un établissement qui conjugue confort professionnel et atmosphère locale. Certains hôtels proposent désormais des offres spécifiques « work & play » avec des espaces de coworking et des excursions organisées. N’hésite pas à négocier des tarifs préférentiels pour les nuitées supplémentaires, surtout si tu restes dans le même hôtel que pendant le salon.
Étape 4 : Délimiter les temps
C’est là que beaucoup échouent. Le piège du bleisure, c’est de ne plus savoir où commence le travail et où finit le loisir. Mon conseil : fixe-toi des règles claires. Pendant le salon, tu es à 100 % en mode pro. Une fois la prolongation commencée, tu bascules en mode perso. Pas de mails, pas d’appels, pas de « je jette juste un œil » à ta boîte professionnelle. Sinon, tu n’auras ni vraiment profité, ni vraiment travaillé.
Étape 5 : S’immerger dans la culture locale
Un salon international te transporte dans une nouvelle ville, une nouvelle culture. Profites-en ! Goûte à la cuisine locale, visite les monuments, flâne dans les quartiers typiques. C’est ça, le véritable esprit du bleisure. Et crois-moi, ces souvenirs resteront bien plus longtemps gravés que la énième présentation PowerPoint.
Les destinations qui cartonnent pour le bleisure
Si tu cherches l’inspiration pour ton prochain salon professionnel, voici quelques destinations qui excellent dans l’art du bleisure.
Paris reste une valeur sûre. Entre ses musées, sa gastronomie et ses quartiers historiques, la capitale française offre un cadre idéal pour prolonger un salon comme le SIAL ou le Salon du Bourget.
Las Vegas a fait du bleisure son cheval de bataille. La ville du péché propose une offre de loisirs tellement pléthorique qu’il faudrait des semaines pour en faire le tour.
Dubaï mise sur le luxe et l’innovation, avec des expériences uniques allant des safaris dans le désert aux dîners au sommet du Burj Khalifa.
Singapour séduit par sa propreté, sa sécurité et son mélange fascinant de cultures asiatiques.
Barcelone conjugue plage, architecture et vie nocturne pour le plus grand bonheur des professionnels en quête d’évasion.
Dialogue avec un expert
Moi : Marc, quel est l’erreur la plus fréquente que tu observes chez les professionnels qui tentent l’expérience bleisure ?
Marc Lefèvre : Sans hésiter, le surbooking. Ils veulent tout voir, tout faire, et ils finissent épuisés. Le bleisure, ce n’est pas une course. C’est un moment de respiration. Un bon séjour bleisure, c’est un musée, pas dix. C’est un bon restaurant, pas trois en une soirée.
Moi : Et pour les entreprises, quel est l’argument principal pour encourager cette pratique ?
Marc Lefèvre : La productivité et la fidélisation. Un collaborateur qui se sent considéré dans son équilibre de vie est plus loyal et plus performant. Certaines entreprises intègrent même le bleisure dans leur politique de mobilité. C’est un signal fort envoyé aux talents.
Moi : Un dernier conseil pour nos lecteurs ?
Marc Lefèvre : Osez ! Beaucoup hésitent par peur du regard des collègues ou de la hiérarchie. Mais le monde professionnel évolue. Le bleisure n’est plus une lubie, c’est une tendance de fond. Et puis, franchement, qui regrette d’avoir passé un bon moment ?
Les bénéfices concrets pour l’entreprise
Si tu es manager ou dirigeant, tu te demandes peut-être quel est l’intérêt pour ta société de favoriser le bleisure lors des salons professionnels. Les bénéfices sont bien réels.
Réduction du stress et de l’épuisement professionnel : Les déplacements pour salons sont souvent épuisants. Ajouter une bulle de détente permet de rentrer reposé et motivé.
Amélioration de la créativité : S’ouvrir à de nouveaux horizons, c’est aussi nourrir sa créativité. Les idées les plus innovantes naissent souvent en dehors des cadres habituels.
Renforcement du réseau : Un dîner entre collègues ou avec des partenaires dans un cadre décontracté crée des liens bien plus forts qu’une poignée de main sur un stand.
Avantage concurrentiel pour le recrutement : Proposer des déplacements intégrant une dimension loisir est aujourd’hui un atout dans la guerre des talents.
Le bleisure, bien plus qu’une tendance
Alors, convaincu ? Le bleisure n’est pas une mode passagère. C’est une réponse intelligente aux transformations de notre rapport au travail et aux déplacements professionnels. Les salons internationaux et les foires professionnelles, par leur nature même, sont les terrains les plus favorables à cette approche.
Je me souviens de mon premier séjour bleisure. C’était à Barcelone, à l’occasion d’un salon du numérique. J’avais prolongé de deux jours. Le premier, j’ai visité la Sagrada Familia. Le second, je me suis perdu dans le quartier gothique. Résultat : je suis rentré avec des contrats signés, mais aussi avec des yeux plein d’étoiles et une énergie retrouvée. Depuis, je ne fais plus autrement.
Alors oui, il faut oser. Oser demander, oser s’organiser, oser se faire plaisir. Parce qu’au fond, le bleisure, c’est simplement reconnaître que nous sommes des êtres humains avant d’être des professionnels. Et qu’un salon international peut être bien plus qu’une succession de rendez-vous : une aventure, une découverte, un souvenir.
« Au salon, tu fais des affaires. En bleisure, tu fais des histoires. »
Si quelqu’un te reproche de prolonger ton séjour pour visiter la ville, dis-lui que tu fais du « market research ». Après tout, connaître l’environnement culturel de ses partenaires commerciaux, ça fait partie du métier, non ? 😉
FAQ : Tout ce que tu dois savoir sur le bleisure en salon professionnel
Q : Le bleisure est-il compatible avec une politique d’entreprise stricte sur les frais de déplacement ?
R : Tout à fait, à condition de bien séparer les coûts professionnels des coûts personnels. Les nuitées supplémentaires, les repas et les activités loisirs restent à ta charge. En revanche, tu peux négocier avec ton employeur pour qu’il prenne en charge une partie si tu restes dans le même hôtel (souvent moins cher que de changer d’établissement).
Q : Combien de jours supplémentaires recommandes-tu pour un séjour bleisure réussi ?
R : Idéalement, entre 1 et 3 jours. Une étude montre que la moyenne se situe autour de 1,7 jour. L’essentiel est de ne pas transformer ton déplacement professionnel en vacances prolongées au point d’en perdre le fil conducteur.
Q : Tous les salons professionnels se prêtent-ils au bleisure ?
R : Pas tous. Un petit salon régional d’une journée ne justifie pas forcément une prolongation. En revanche, les grands salons internationaux qui durent plusieurs jours et se déroulent dans des villes touristiques sont les candidats idéaux.
Q : Comment convaincre mon manager d’accepter mon séjour bleisure ?
R : Mets en avant les bénéfices pour l’entreprise : meilleure récupération, opportunités de networking informel, image de marque positive. Propose aussi un compromis, comme le fait de rester joignable en cas d’urgence (même si je te conseille de déconnecter vraiment !).
Q : Le bleisure est-il une tendance durable ou un simple effet de mode ?
R : Tout porte à croire que c’est une tendance de fond. Avec l’évolution des modes de travail et la recherche croissante d’équilibre entre vie professionnelle et personnelle, le bleisure a de beaux jours devant lui. D’ailleurs, de plus en plus de destinations et d’organisateurs de salons intègrent cette dimension dans leur offre.
Q : Y a-t-il des risques à pratiquer le bleisure ?
R : Le principal risque est de mal délimiter les temps pro et perso, ce qui peut générer du stress. L’autre risque, plus anecdotique, est de tellement profiter des loisirs que tu rentres plus fatigué qu’avant le salon ! La clé, c’est la modération et l’organisation.
Article rédigé par un expert en événementiel professionnel, fort de 15 ans d’expérience sur les salons internationaux et les foires commerciales à travers le monde.
